C’est en 1992 que Laurence Cappelli et Graziella Pizzi, ont décidé un beau matin de réaliser ensemble un tableau pour le plaisir de mettre en commun leurs motivations artistiques. Laurence Cappelli, diplômée de l’école d’Arts Appliqués de Lyon, a poursuivi une année de licence à Strasbourg, elle est toujours portée par un désir d’arts décoratifs très prononcé. De son côté. Graziella Pizzi, sortie de l’école d’Art Graphique de Lyon, a exploré ensuite durant une année le domaine de la photographie et de la publicité. Cette première création commune, nommée “Soleil », est un bas relief en plâtre et sable, où la mosaïque est venue miraculeusement construire le fond du tableau. Il a fallu ensuite tout de même signer! Soleil, brillance, éclat, bonheur, lumière… SHINE • a sonné juste ce jour-là. Il était évident qu’elles avaient d’autres créations en latence…

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La table magique Puis. Il y a une autre histoire, celle d’une table, une vieille table a qui elles ont souhaité redonner une seconde vie avec l’invention d’une mosaïque. C’est un petit cheval allé, un pégase, qui prend place peu à peu pour ce deuxième travail a quatre mains. La table retrouve sa place sous quelques assiettes entourées d’amis. Un soir l’un des convives, écrivain, reste en arrêt devant ce petit cheval et propose de l’acheter pour en (aire son bureau… La table s’est envolée et si le premier tableau a déterminé le nom. l’atelier • Shine Mosaïque – vu le jour lors de cette première vente. Depuis elles découvrent par des témoignages de différentes cultures. à quel point ce nom s’accorde bien A leur travail.
Un art bien particulier
Pourquoi la mosaïque? Aucune de ces deux artistes ne peut répondre mais elles sont convaincues qu’il n’y a pas de hasard.
C’est alors par le bouche à oreille dans la région lyonnaise que l’atelier commence à  répondre A différentes commandes destinées au mobilier. Les artistes découvrent ensemble l’incroyable richesse de possibilités que leur offre cette technique, et c’est auprès de carreleurs professionnels, qu’elles sont allées puiser quelques conseils pour ne surtout pas être Influencées par la technique classique. Marginalement elles n’hésitent pas a associer des matières très diverses, créant des contrastes et des effets visuel très originaux. Dans le domaine de la décoration, elles Interviennent évidemment sur du mobilier, dans des salles de bains mais aussi dans les salons, sur le sol ou sur les mur. En extérieur, où elles ont déjà recomposé quelques façades de boutiques. Tout est réalisé dans l’atelier sur des trames souples de grillage en fibre de verre qu’elles collent ensuite sur les supports choisis par les clients et les joints viennent enfin finir le travail, peut-être comme un peintre vernit sa toile . Elles aimes exploiter les volumes et proposent  à leurs clients des extensions d’atmosphère dans un décor réaménagé où l’imaginaire rebondit en créant des liens antiques avec des compositions contemporaines. Leur univers de créativité est sans limite.
Des influences mythologiques
Mais les tableaux ne quittent jamais l’esprit de nos deux artistes et elles choisissent de s’intéresser pour leurs premières créations A différents thèmes mythologiques et notamment celtiques. Merlin dit l’en chanteur est présent, on devine l’odeur de la forêt de Brocéliande. tes terribles chevelures des trois Gorgones sont Interprétées avec passion… Une à une chaque mosaïque raconte des légendes de la nature, on lait appel aux déesses de la mer, du ciel el de la terre, mais aussi A celles de la médecine ou de la justice. Tout en voyageant pour quelques expositions, deux tableaux ne quitteront jamais l’atelier : ” Ida “. exprime pour ces deux femmes le symbole de la création dans une pro fonde solitude où une chevelure, tendue et aspirée vers l’avenir, nourrit une imagination sans cesse renouvelée. Et puis, un ange gardien. “Jasmin” réalisé en 1999. Il est né d’une colère, révolte Intérieure de l’une ou de l’autre, peu Importe, il garde dans son regard, attentif mais perdu  une extrême tension, et la douceur si troublante des traits de son visage, l’apaise et le noie dans une magnifique présence équivoque…

La médecine
Laurence Cappelli et Graziella pizzi  impressionnées parle travail du peintre autrichien Gustave KLim ont  repris  par admiration une partie de son tableau – “La Médecine ” (1900/1907). recreant la déesse de la santé – “Hygie”  en une mosaïque de deux mètres de haut selon les choix du peintre qui plaça cette figure féminine dans un mouvement ascensionnel, où l’évocation symbolique se substitue a la description historique. Une mosaïque tres émouvante quand on sait que la toile de Klimt a été détruite en 1945. Suite à cela elles ont réalisé le tableau masculin “Asclépios”, mosaïque encore plus grande où le dieu de la Médecine est représenté avec ses attributs ; le bâton, le serpent et le chien.

Le cheval est toujours présent

Mais bien évidemment les chevaux restent présents et très déterminants dans leur travail personnel. Avec la Jument frisonne  “Câline”  et le cheval “Justice”  qui pointent leur bout de nez à la fenêtre de l’atelier, les deux artistes ont des modèles vivants en permanence qui les aident à trouver les expressions des tableaux équestres. Ainsi. “Equilibre” a été une des premières pièces présentée au Salon International de Saumur en 1997. qui a d’ailleurs reçu de Sophie Attali le Trophée Equus. Il s’agit d’un double portrait aux profils mêlés d’un cheval et d’une femme où la chevelure féminine.

ne évoque sans détour les mythes médiévaux tout en créant deja de» liens entre (Misé et futur. Le tout est traite en mosaique.et Ton aperçoit alors les subtilités de la matière qui
offrent lumières, ombres et reliefs. L’n autre tableau nommé • Ame • vient ensuite proposer sur un fond blru un visage de face d’un cheval blanc au regard doux et mystérieux qui
passe en silence sous le voile d’une lumière qui l’aide a parler Mais le cheval, réduit au mutisme, observe et Invite le \i\itcur à s’arrêter la où la lumiè-rr l’himore.
Une création commune
Autodidactes. Laurence Cap pelli et Graziella Pizzi n’ont ni règle ni préjugé dans la décou verte et la réalisation de leurs mosaïques. Sur fond de bois enduits, poncés et ré-endults, elles dessinent déjà à quatre mains le sujet choisi. Patient, le tableau reste sur un cheval et le temps du dessin où. l’une après l’autre, elles apportent détails par détails les contours du sujet, qui porte sur une profonde réflexion, soutenue de discussions et de lectures. Puis le tableau posé horizontalement sur une table accueille la mosaïque. Ce sont alors des heures magiques de recherches et de surprises : marbre, terre, faïence, miroir, ciment, cuir, métal, verre, laiton, cuivre, acier, pale de verre ou autres nouveautés viennent prendre pla ce dans une harmonie étonnante. La peinture à l’huile apparaît également soit sous la transparence du verre, soit pour raconter les visages humains qui ne sont Jamais traités en mosaïque. Les morceaux sont souvent brisés de manière imprévisible pour créer les motifs mais parfois des formes géo métriques, minutieusement découpées expriment par touches juxtaposées ou aérées des symboles d’évidences indiscutables : Il s’agit principalement des grandes lois de la nature. pour lesquelles l’hom me ne peut faire qu’une révérence. Après le choix des couleurs et des matières ainsi ajustées, viennent les finitions avec des joints qui relient et consolident a vie le tableau, puis une cire ou autre technique lustre les effets picturaux dans toute leur originalité. Nombreuses sont les personnes qui en voyant leur travail expriment leur enthousiasme. Et c’est en parlant que ces admirateurs et admiratrices leur (ont une excellente publicité, tant pour leur travail d’architecture décorative. que pour leurs tableaux. Ainsi les artistes ont-elle eu la chance d’exposer leur travail dans la “Viridian Gallery” de New York en 1998, durant trois mois, dans une galerie de Saint Tro pez. et une de Monaco. Elles participent volontiers aux exposition Collectives et ont dé)a reçu plusieurs prix : Ier prix de Mosaïque en 1996 pour le grand Prix international de Bruges. 2ème Prix ile la Société d’encouragement .aux Métiers d’Art de l’Ain en1997 et le 1er prix en  I999. Elles étalent Invitées A Paris pour l’exposition Aime comme Mosaïque • en1999 La prochaine grande exposition prévue, est en mars 2002 pour la Biennale des Métiers d’Art de Villeurbanne, et fut leur troisième participation qu’elles ne veulaitent surtout pas manquer, car elles apprécient réellement l’organisation gérée par Monsieur Charles Gourdin.

Expositions
C’est au Théâtre Equestre Zingaro. Invitées par l’association la Main du Jour, qu’elles présentent des mosaïques sous le même nom – Trinité • déclinées en quatre saisons. Effectivement chaque tableau est composé de trois visages de chevaux, deux de profil et celui du centre nous regarde. Un réel besoin de traiter l’idée du temps s’est Imposé a chacune d’elles face a une certaine quête, peut-être utopique, de pureté. Le cheval en est l’heureux véhicule. l.es saisons se sont avérées être le pré texte le plus évident pour illustrer cette trinité qui engendre le passage entre, le présent et le futur. La première a été l’été. la mosaique est entièrement composée d’éclats de verre sur un fond peint de lumières, ce qui don ne un chatoiement doré, bordé de rouge, éclats de vie et de chaleur, |pour un tableau où le rayonnement vient île l’intérieur. Avec ce prétexte des saisons. Laurence Cappelli et Graziella Pizzi, se sont offert une nouvelle liberté d’action, en concentrant tout ce qu’elles ont déjà exploré, sorte d’étape ou fie constat d’une mosaïque du hasard, met tant en valeur une manière particulière de l’aborder et de la traiter Si la mosaïque a pu être très présente dans les fonds et les contours, elle évolue énormément dans leurs graphismes Après l’été, l’hiver est venu naturellement avec des effets de contrastes et de reliefs en faïences blanches, où les trois chevaux baignent flans une ambiance bleutée les bouts de nezj nez. sorte de trous profonds dans la glace, s’accordent au piquant des crinières dans un univers d’une Intense douceur gla ciale.
Lt printemps et l’au tomne ont été travaillés en parallèle et l’oppo sition très prononcée de ces deux extrêmes est remarquable. Le printemps dégage une tendresse verte, sous révocation de gouttes d’eau fraîches où des formes géométriques ponctuent le cycle inéluctable de la renaissance, alors que fleurissent fies crinières volantes. L’automne, peut-être le tableau le plus marginal symbole de la nature endormie, présente les trois visages en bas relief. Réalisés en terre craquelée qui chantent la vie évanouie, bercée dans une mosaïque faisant appel aux vitraux quand la lumière passe toujours, malgré les parois. Ils Invitent la caresse. Leurs contours si Justes dans ces formes brisées et reconstituées expriment un travail épuré. OÙ la mosaïque ne sert plus le tableau, mais où la surface et les volumes servent La mosaïque Ces quatre dernières mosaïques furent donc présentées à l’occasion de l’exposition – Chevaux au Théâtre Equestre Zingaro.